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LA CROISIÈRE S'EST BIEN AMUSÉE
le 08/06/2008 : TCD FOUDRE
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Les 6 et 7 juin 2008, la rade de Toulon accueillait une initiative originale : des auteurs de BD dédicaçaient à bord d'un bâtiment de la Marine Nationale. A l'origine de cet événement, le Commandant du TCD Foudre, Emmanuel Gué, est ici en compagnie de Bruno Falba et du Commandant en second Christian Robert.
Le Capitaine de Vaisseau Gué est un passionné de BD. Il est aussi soucieux de ce que ne s'élargisse pas le fossé entre la Nation et l'armée, et plus particulièrement entre la population toulonnaise et l'arsenal. Profitant de deux mois de réfection du très gros bâtiment qu'il commande actuellement, il s'est tout naturellement lancé dans une aventure courageuse qui réunit sa passion, son métier et ses interrogations. Pour l'avoir personnellement ressenti, on peut effectivement souligner d'une part que Toulon n'est pas Brest et que la ville ainsi que le Var se tiennent à l'écart de la base navale et que, d'autre part et d'une manière plus générale (au risque de la caricature), on peut redouter qu'à court terme l'armée professionnalisée soit présentée comme une entité "privatisée" ou, pire encore, traitée comme un groupement de mercenaires... Bref, quand on se soucie de BD, de la République et de son armée, on applaudit l'initiative. De 7 à 77 ans, toutes les générations ont fait le déplacement. De leur côté, Jean-Luc Istin avec Ellem, Jusseaume, Pellerin et Gine, auteurs au pied marin, avaient répondu à l'invitation et Peticlerc était venu en voisin et ami du pacha. Le public embarquait devant la Préfecture Maritime (cliquer sur les mots soulignés en gras pour voir les photos) sur le quai Cronstadt (en arrière-plan le bâtiment d'inspiration soviétique surmonté du drapeau Français c'est la mairie) dans un chaland de débarquement, contournait les derniers restes du bagne de Toulon pour débarquer sur le Quai d'Honneur (emplacement cerclé de blanc sur la vue aérienne) où le TCD Foudre jouait les écoutilles ouvertes. Après l'excellente exposition consacrée à Jusseaume installée tout au fond du radier au coeur du bâtiment, un véritable parcours-découverte balisé par des héros de papier grandeur nature, de coursives en hôpital via cantine et passerelle de commandement aboutissait, au détour d'un hublot où l'on distinguait de dos Istin et Ellem au boulot, au saint des saints : le hangar aviation tout en haut du navire abritait librairie et auteurs. Des séances de dédicaces détendues avec des sièges pour les visiteurs (c'est tout bête mais ça change tout !) dans une ambiance quasiment feutrée, c'est quelque chose à refaire. Bruno Falba sous sa casquette de libraire chez Bédule était chargé de l'approvisionnement des cales et les marins se chargeaient des ventes. Les auteurs n'avaient pas la moindre intention de mettre pied à terre : nourris et logés à bord (des couchettes séparées avec un très léger clapot ça repose, de l'aveu même d'Ellem et son Istin) pendant 2 jours c'est les vacances ! Le panorama environnant ne donnait aucune envie de déguerpir : un certain porte-avion ici, des navires là, les fameuses tribunes du stade Mayol au dessus des allées et venues du chaland... Une réussite donc, Commandant Gué, en vous souhaitant de récidiver, de trouver une solution pour ouvrir le dimanche, de mettre en place une buvette (le biffin moyen que je suis a soif en mer) et de convaincre Vatine, Malfin, Bourgeon et tous les autres de vous rejoindre à votre bord. A quand un festival BD itinérant ? Bon vent ! Clin d'oeil à Var-Matin : sur la photo publiée dans l'édition du 7 juin, reproduite ci-dessous, avec de gauche à droite Peticlerc, Gine, Jusseaume, Pellerin, Istin et Ellem on compte bien 6 personnes. Ellem, coloriste, elle compte pas pour du beurre ;-) (cliquer pour une reproduction grand format)
Clin d'oeil et message personnel : il faut avoir vu Gine surgir et brâmer à la cantonnade "Quelle honte, quelle honte de parler du Vatican comme ça" après avoir entendu de hauts responsables craindre discrètement que la BD tourne systématiquement bouffe-curés pour mesurer combien certains sujets restent sensibles. Chez un "maçon sans tablier" comme le dit de lui Convard (voir en cliquant une interview parue sur la site Auracan, d'autant plus savoureuse quand elle évoque, en bas de page, les serviteurs de l'obscurantisme) on s'attendait à plus d'ouverture d'esprit : le vent du large faisait peut-être trembler certaines lumières...
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